La guerre des mondes – L’humain : envahi ou envahisseur ? 1


On constate aujourd’hui que les espèces invasives sont à l’origine de catastrophes, aussi bien écologiques qu’économiques. Un fléau compliqué à contrôler qui nous envahit peu à peu. Comment régler ce problème ? Que faire face à une situation de plus en plus dramatique ? Laissez moi alors vous comptez une histoire, dans une société où animaux et humains cohabitent. Une histoire où ces espèces auraient droit à la parole, le droit de se défendre et de plaider leurs causes. Quel message voudraient-ils passer ?

Un soir, le scientifique Thomas Croock rentre de son laboratoire. Il fait beaucoup parler de lui en ce moment grâce ses inventions, toutes plus folles les unes que les autres. Ce soir là, il essayait de finaliser son invention : les pastrymorphes, petits cubes comestibles aux propriétés remarquables. Basés sur des techniques de cuisine moléculaire, ils permettent de faire rapetisser, ou de faire grandir afin d’adopter la taille permettant de converser avec un animal particulier.

Comme à son habitude, il s’allonge dans son canapé avec son chat Thyrel, et allume la télévision. Au journal ce soir rien de nouveau, Lionel Humel, le représentant des humains d’Afrique du Sud et Silice Yram, le lion représentant des animaux de la savane, discutent encore des limites des frontières de leurs territoires respectifs. Les orangs-outans manifestent toujours dans les rues en criant les slogans les plus percutants pour empêcher les entreprises internationales de détruire leurs habitats.

  • Épuisant ces singes… se plaint le scientifique.
  • En effet, ils n’ont aucune classe à jacasser de la sorte. Rajouta Thyrel en continuant sa toilette.

Il décide de changer de chaîne.

  • Ah, un documentaire ! Voilà qui est intéressant. Le thème du jour ? Ces arthropodes invasifs. Ça commence. Dit-il.

Trois espèces d’arthropodes vivaient dans leurs contrées : la fourmi de feu en Amazonie, le crabe royal dans le Pacifique Nord et le frelon asiatique en Chine. Un jour une autre espèce est entrée dans leur vie : l’humain. Par profit et par erreur, il a fini par les emmener loin de chez eux. Ces espèces, dites invasives, ont proliféré dans de nouveaux milieux, conduisant à des graves conséquences pour l’écosystème.

Carte des déplacements (par le biais du transport par l’humain) des espèces invasives d'arthropodes

Carte des déplacements (par le biais du transport par l’humain) des espèces invasives d’arthropodes

  • Quelles saletés ! S’écrie le scientifique.

Le documentaire continue :

Ces espèces, introduites dans nos écosystèmes, engendrent des nuisances environnementales. Nous courrons à de sérieux dangers sanitaires et économiques dans certaines régions du monde. En Europe, nous comptons que 1 000 de ces espèces sont des bio agresseurs !

  • Il faudrait tous les éradiquer, n’est ce pas Thyrel ?
  • En effet, ils ne mériteraient même pas qu’on les laisse habiter dans une litière, répond-il d’un ton distingué.
  • Thyrel, j’y mettrai un terme. De plus, c’est l’occasion rêvée de tester mes pastrymorphes, Ajoute-t-il.

Il décide donc d’entreprendre un voyage pour se débarrasser de ces prétendus “abominables colonisateurs”, tout en gardant derrière la tête l’idée de savoir enfin si son invention fonctionne.

Fourmi de feu, l’invaincue

Thomas Croock décide alors de commencer son périple au Sud des Etats-Unis – direction l’Alabama. D’après les informations de son ami Walter Tschinkel, scientifique émérite, il pourrait y retrouver la fourmi de feu Solenopsis invicta, espèce invasive aussi petite que robuste. Originaire du Mato Grosso au sud de la forêt amazonienne brésilienne, elles ont été introduites accidentellement dans l’Alabama, en 1918, via un cargo amarré au port de la ville de Mobile.

Arrivé à destination, Thomas décide de tester la première pastrymorphe rouge mise au point. Il l’avale. Il commence à ressentir des fourmillements dans ses membres. Il sent des crampes, essaye de résister à la douleur. Soudain, il éprouve un soulagement et soupire. En regardant autour de soi, il comprend qu’il fait maintenant la taille d’une fourmi.

Thomas C : Aaah !! Crie-t-il en se regardant dans une flaque d’eau. Pourquoi ai-je des antennes ? Il faudra que je travaille sur ce petit dysfonctionnement. Bon, il faut que je me dépêche désormais. Le pastrymorphe ne fait effet que 1h selon mes calculs.

Il s’engouffre dans la première galerie souterraine qu’il rencontre. Cette galerie relie les nids de la colonie. Après quelques temps de marche, recherchant un insecte susceptible de lui indiquer le chemin vers le nid principal des fourmis de feu, il fait face à une ouvrière.

Thomas C : Halte-là, fourmi de feu !

Ouvrière : Laisse moi faire ma ronde voyageur et continue ton chemin avant que je ne t’embroche.

Elle montre alors l’extrémité de son abdomen muni de son dard.

Veux-tu vraiment sentir la douleur de mon venin brûlant ?

Thomas fait un pas en arrière. Il veut à tout prix éviter la piqûre qui pourrait lui être mortelle (vu sa petite taille actuelle !). Il connaît ce venin car un Alabamien croisé plutôt lui avait dit de s’en méfier. “Situé dans la glande à poison de la fourmi, il est très corrosif et brûle comme le feu. 200 personnes, pour la plupart allergiques, meurent chaque année de piqûres provoquées en grande partie par la fourmi de feu, il faut se montrer prudent ” avait-il dit.

Thomas C : Je viens voir votre Reine, où puis-je la trouver ?

Ouvrière : La Reine n’a pas de temps à t’accorder voyageur, elle est occupée à pondre des œufs.

Et c’est bien ce qui inquiète Thomas, car il sait qu’une seule reine pond un à deux œufs toutes les minutes, soit jusqu’à trois millions de larves dans sa vie, on imagine donc mieux l’ampleur du problème.

Notre armée comptera bientôt 40 millions d’individus par km². Idéal pour faire la guerre !

Mais tu semble obstiné ; après tout si tu veux mourir ça ne me gène pas. Continue tout droit et tu arriveras au nid. J’ai une mission plus importante à achever. Je dois entretenir les œufs et nourrir les larves.

L’ouvrière reprend sa route et notre voyageur s’aventure dans l’étroite galerie. Un peu plus tard, il assiste à une scène surprenante : une fourmi de feu combat une fourmi noire (Lasius niger). Elle l’agrippe avec ses mandibules et injecte son venin. Cela entraîne l’émission simultanée d’un produit chimique pour appeler des renforts. L’intruse n’a ainsi plus aucune chance de survie face à l’agressivité exacerbée du régiment.

Le voyageur, impressionné d’une telle violence, continue tout de même sa route dans l’obscurité de la galerie pour arriver, enfin, au nid de la Reine-mère.

Thomas C : Solenopsis invicta ! Je suis Thomas Croock, et je viens ici afin de mettre un terme à la nuisance que vous causez. Vous dévorez tout : flore sauvage, plantations, animaux morts et vivants! Vous attaquez même nos villes et milieux urbains. Vous participez à la destruction de la biodiversité et de l’écosystème végétal par un élevage intensif de pucerons. Ces nuisibles se nourrissent de la sève élaborée des végétaux. Leur accumulation sur les feuilles bloque la photosynthèse et favorise le développement des champignons. De plus, votre déploiement sur un nouveau territoire entraîne la disparition des autres espèces de fourmis qui se font tuer par vos soldats.

Reine-mère : Je n’ai pas de leçon à recevoir de toi, humain. Le crime n’existe pas en période de guerre. Le principal est de gagner ! Et pour gagner il me faut des alliés. Les pucerons nous fournissent du miellat en retour de notre protection contre les prédateurs telle que la coccinelle.

Thomas C : Tu n’es qu’une opportuniste égoïste. Et je vais t’arrêter !

Reine-mère : Mais que crois-tu humain ? C’est vous qui nous avez amené par bateaux sur ces nouveaux territoires. Vous facilitez notre invasion. Le transport de marchandises par la route d’un État à un autre permet à d’autres reines d’atteindre la Californie et la Virginie. Le défrichage et autres modifications des territoires par les humains est bénéfique à nous autres, puisque nous arrivons parfaitement à nous adapter. Toi comme moi, nous avons les mêmes buts : survivre et proliférer.

La Reine fait ensuite un signe à 2 ouvrières qui s’approchent de Thomas pour le capturer (ou pire…). Sentant le danger, il sort de son sac un sifflet, d’une allure ordinaire mais en réalité très spécial.

Thomas C : Reculez ! Ou je siffle !

Les fourmis se mettent à rire.

Thomas C : Si je siffle vous êtes toutes mortes ! Car c’est votre plus grand prédateur naturel que j’appelle avec ceci. La mouche zombie ou Pseudacteon curvatus est un parasitoïde solitaire. Elle va vous agripper pour percer votre thorax avec son crochet et vous injecter un œuf. C’est l’une des techniques qu’on utilise contre la prolifération de la fourmi de feu. Ensuite, l’œuf se développe dans le thorax, jusqu’au stade de larve. De là, elle migre jusqu’à la tête, où elle dévore le cerveau et se crée un cocon. Au moment de la métamorphose, la mouche sécrète une enzyme qui décapite la tête de la contaminée afin qu’elle puisse sortir.

Les ouvrières, terrorisées, courent dans tous les sens. La Reine hurle mais ses ordres sont perdus dans le chaos du moment. Thomas Crook en profite et file vers la sortie. Au fur et à mesure, il reprend sa taille normale.

Thomas C : Pfiou… Heureusement, que mon coup de bluff a fonctionné. Ce pauvre sifflet ne servait plus à rien et je sentais que j’allais reprendre ma taille d’ici peu. J’aurais pu finir enterré vivant!

Crabe royal du Kamtchatka, le monarque nordique

Secoué mais heureux d’être toujours vivant, il continue son périple vers la côte norvégienne, en espérant des meilleurs résultats. Il essaye donc le deuxième cube, bleu cette fois pour plonger dans le royaume du crabe du Kamtchatka, originaire de l’extrême Est de la Russie. Celui-ci est néanmoins plus spécial que le premier puisque en plus du changement de taille, il lui permet aussi de respirer sous l’eau en lui créant des branchies et des palmures aux doigts. Il ressent les mêmes effets que la première fois, mais plus intensément cette fois-ci. C’est alors qu’il plonge dans la mer, et entre dans le royaume. De là, les vassaux du crustacé l’emmènent directement au monarque afin qu’il puisse s’entretenir avec ce dernier.

Crabe royal : Qui es-tu étranger ? Que viens-tu faire dans mon royaume ?

Thomas C : Je viens pour te mettre hors d’état de nuire, répond le scientifique d’un ton sec. Tu es un cancer pour la biodiversité : en effet, en envahissant les sols marins nordiques d’Europe sans t’arrêter, la flore maritime entière en subit les conséquences ! Tu as décidé, il y a 60 ans, de quitter ton territoire d’origine à l’Est de la Russie afin de venir te propager au niveau des côtes de la mer des Barents. Non seulement tu règnes telle une espèce invasive, mais il se trouve que tu deviens funeste pour cet écosystème !

Crabe royal : Comment oses-tu me sermonner misérable humain ? Pense-tu réellement que nous sommes les uniques responsables de notre propagation ? lui répond le crabe royal. Sache que c’est toi et les individus de ton espèce inférieure, qui en êtes à l’origine. C’est vous qui nous avez acheminé à travers toute la Russie. Et cela à des fins rémunératrices, une faible valeur morale qui vous caractérise bien, les humains. Vous nous avez transporté dans le seul but d’accroître les rendements de vos pêches.

Thomas C : Mais la situation a totalement dégénéré : vous avez colonisé les fonds des côtes du Nord, et vous descendez le long de la Norvège en vous rapprochant inexorablement du Danemark.

Crabe royal : Et alors ? Y vois-tu un problème ? Ne pouvons-nous pas, tous comme vous, partir à la conquête d’autres fiefs ?

Thomas C : Non vous ne le pouvez pas ! Toute la biodiversité marine disparaît là où vous passez ! Vous attaquez et consommez sans répit oursins, vers marins, mollusques et algues. De ce fait, les sédiments ne peuvent plus être irrigués, à la manière des taupes ou vers de terre. Conséquence : les sols marins se dégradent. Sans parler du fait que vous bouleversez la chaîne alimentaire en agissant à tous les niveaux trophiques. Vous ne causez que des problèmes et…

Le crabe royal, entendant l’humain l’accuser à tort, se dresse alors de toute sa hauteur pour l’intimider et le tranche dans son argumentation.

Crabe royal : Il suffit !! Réplique-t-il en fureur. Tu as beaucoup d’audace pour venir ici me critiquer, mais laisse moi te rappeler que vous êtes les seuls fautifs. Je suis le Crabe Royal. Tel un monarque, je me dois de conquérir de nouvelles terres et d’assurer l’expansion de mon royaume. Ne faites-vous pas de même ? Nous savons que vous êtes les responsables de la déforestation dans le monde. Vous utilisez les terrains pour votre agriculture intensive en utilisant des pesticides qui tuent les insectes et détruisent les terres. Vous anéantissez plus la biodiversité que nous : près de la moitié des espèces marines ont disparu depuis près de 50 ans par votre faute.

Thomas C : Certes, mais vous devriez savoir…

Crabe royal : Silence !!! L’énergie dans sa voix est telle que le palais en tremble.

Le voyageur, apeuré, se tait.

Crabe royal : Je clos cet entretien en évoquant un fait indéniable, reprend le roi plus calmement. Tu n’es pas sans savoir que les gens de ton espèce nous élèvent en Norvège et en Suède afin de nous consommer. Dans ce cas, comment peux-tu nous blâmer d’être une espèce invasive, étant donné que vous participez à notre prolifération ? Vous appréciez grandement notre chair et la revendez partout à travers le monde. C’est de votre faute si nous sommes, selon vous, trop nombreux. Ton accusation est donc erronée, et sans valeur. Maintenant, va ! Et ne revient plus nous déranger.

Perturbé par la conclusion de cette discussion, le scientifique, déboussolé, est raccompagné jusqu’à la sortie. La métamorphose ayant atteint sa durée limite, il se hâte de remonter à la surface.

Frelon asiatique, l’assassin de airs

En arrivant à la surface, Thomas Crook est désespéré face aux différents propos qu’il a pu écouter. Il continue cependant, ne voulant pas abandonner, et essaye le dernier pastrymorphe. C’est le plus dangereux. En effet, celui ci est censé lui donner la capacité de voler, en lui créant des ailes. Après l’avoir ingéré, il pousse des cris de souffrance intense et roule sur le sol. Des ailes commencent à sortir de ses omoplates. Une fois transformé et à la taille d’un frelon, il s’envole. En se remémorant les paroles du roi des crabes, pendant qu’il survole le territoire aquitain, il voit une forme arriver à toute vitesse et se heurte à celle-ci. Il vient de percuter un frelon asiatique en plein vol : c’est un signe du destin. En effet, Vespa velutina se trouve être une espèce invasive, originaire de Chine, arrivée en Aquitaine en 2004. Il décide donc de lui parler :

Thomas C : Tu tombes au mauvais moment Vespa velutina, je vais te faire payer tes meurtres sanglants !

Le frelon gît au sol, sans aucuns signes de vie. Thomas commence à s’approcher doucement de l’insecte. Soudainement, le frelon bat des ailes et prend la parole faiblement.

Frelon : Je me fais accuser de tous les maux. Meurtrier dis-tu…

Thomas Crook interrompt l’insecte.

Thomas C : Je te reproche des actes impardonnables, tueur d’abeilles. Ce pollinisateur est d’une importance capitale pour la biodiversité. Il est essentiel pour l’agriculture humaine ainsi que pour le maintien de l’écosystème.

Frelon asiatique : Mon impact sur la biodiversité est certes réel mais je le dois à vous humains. Vos échanges commerciaux m’ont permis de m’installer en France, ainsi qu’à d’autres espèces de s’implanter à travers le monde, dans des lieux où ils ne devraient être naturellement.

Thomas C : Tu avoues ton impact, donc tu confirmes être nuisible !

Frelon asiatique : Il est vrai que mon alimentation est en partie constituée d’abeilles, mais cela n’est rien d’autre que de la prédation. Je ne suis pas de nature agressive : pour preuve j’attaque les humains uniquement lorsqu’ils s’en prennent à ma ruche.

Impassible, il continue à incriminer le frelon asiatique.

Thomas C : Vous pouvez tuer jusqu’à 30 000 abeilles en une seule attaque, vous avez l’âme d’un véritable tueur.

Les ailes de Vespa Velutina commencent à battre plus vite. Son agacement se fait ressentir.

Frelon asiatique : La cause majeure de leur mort est due à l’utilisation de vos pesticides ! Et vous osez venir ici affirmer que vous êtes les sauveurs de la biodiversité. Mon impact est bien moindre que ce que vous ne le prétendez. D’ailleurs je peux même cohabiter avec le frelon européen. Je pense qu’il est temps que vous vous remettiez en cause. Ne pensez guère que nous autres, “non-humains”, sommes les uniques responsables des modifications de la biodiversité.

Sur ces paroles, le soleil se couche. Vespa velutina étant une espèce diurne, prend son envol pour rejoindre sa ruche. Thomas Crook, alors pensif, reprend sa taille d’origine et commence à appréhender différemment l’action des ces espèces sur les écosystèmes.

L’humain, l’activité destructrice

Après cette rencontre, il s’arrête dans son périple et prend le temps d’observer le monde qui l’entoure.

En effectuant quelques recherches, il s’étonne de savoir qu’à travers le monde, l’équivalent d’un quart de la superficie de la France en forêt disparaît chaque année. Près d’un quart des espèces végétales et animales pourrait disparaître d’ici 50 ans à cause des activités des humains.

La pollution des mers, de l’air, des terres par les usines, les transports, la déforestation ainsi que d’autres activités humaines mettent en danger de nombreuses espèces. Cette prise de conscience ouvre l’esprit de notre protagoniste.

“Ne suis-je pas pire ? Si je souhaite sauver mon monde, il est nécessaire que je sauve ma planète. Or j’entraîne sa destruction…” se dit-il. Il finit son voyage avec une toute autre vision. Voici ce qu’il rédige dans un rapport qu’il adresse aux responsables du documentaire, à l’origine de son odyssée. Il le publie publiquement par la suite :

L’humain : envahi ou envahisseur ?

Le terme espèce invasive est aujourd’hui à prendre avec précaution. On a tendance à avoir peur de l’étranger. Qu’il s’agisse d’une espèce animale ou végétale introduite par les humains, cela n’annonce pas qu’elle soit nécessairement hostile. Elle peut induire une perte de biodiversité dans un biotope et non dans un autre. Son effet peut même s’avérer neutre. Il ne faut donc pas faire d’amalgame. Il y a le cas où sa présence affecte le confort de l’humain, et le cas où elle a un impact sur la biodiversité du nouveau milieu.

Ce sont principalement les déplacements d’Homo sapiens à l’échelle mondiale qui conduisent aux transferts, souvent involontaires, de quelques espèces. Placées dans un écosystème dépourvu de prédateurs naturels, ces dernières prolifèrent au dépend des organismes préexistants. Pour autant, elles ne sont pas forcément nocives.

L’effet de ces espèces doit donc être nuancé. L’humain, notamment par l’utilisation de pesticides pour l’agriculture, a fait disparaître 60% des ruches en Europe depuis 1960. Son activité commerciale, logistique, industrielle, agricole (l’agriculture intensive par exemple) etc, finit par générer des situations bien plus néfastes et graves pour la biodiversité.

Ajoutons à cela que la population humaine a doublé en 50 ans et s’est étendue sur la planète en détruisant des biotopes entiers.

En conséquence, l’humain ne serait-il pas cette fameuse espèce invasive, qui nuirait le plus aux écosystèmes terrestres et à nous mêmes ?

Bibliographie

  • Articles scientifiques

Articles sur le crabe royal

Oug E., Sundet J. H., Cochrane S. KJ., Structural and functional changes of soft-bottom ecosystems in northern fjords invaded by the red king crab (Paralithodes camtschaticus). April 2018. Pages 255-264

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924796317303172

Sundet J. H., Hoel A. H., The Norwegian management of an introduced species: the Arctic red king crab fishery. Octobre 2016. Pages 278-284

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0308597X16302330

Falk-Petersen, J., Renaud, P., and Anisimova, Establishment and ecosystem effects of the alien invasive red king crab (Paralithodes camtschaticus) in the Barents Sea – a review. 1 March 2011. Pages 479–488.

https://academic.oup.com/icesjms/article/68/3/479/658855

Articles sur la fourmi de feu

Marina S. Ascunce, Global Invasion History of the Fire Ant Solenopsis invicta, Science 25 Feb 2011

http://science.sciencemag.org/content/331/6020/1066

Joshua R. King and Walter R. Tschinkel, Experimental evidence that human impacts drive fire ant invasions and ecological change, PNAS December 23, 2008

https://www.pnas.org/content/105/51/20339

Daniel P. Wojcik, Red Imported Fire Ants: Impact on Biodiversity, American Entomologist, January 2001, Pages 16–23

https://academic.oup.com/ae/article/47/1/16/6441?searchresult=1

Articles sur le frelon asiatique

Claire Villemant, Franck Muller, Sandy Haubois, Adrien Perrard, E. Darrouzet, Quentin Rome, Bilan des travaux (MNHN ET IRBI) sur l’invasion en France de Vespa Velutina, le frelon asiatique prédateur d’abeilles (Journée Scientifique Apicole), 11 février 2011. https://inpn.mnhn.fr/fichesEspece/Vespa_velutina_fichiers/2011_02_11_Bilan_Invasion_Vespa_velutina_JSA.pdf

Peter J. Kennedy, Scott M. Ford, Juliette Poidatz, Denis Thiéry, Juliet L. Osborne. Searching for nests of the invasive Asian hornet (Vespa velutina) using radio-telemetry, Published: 04 July 2018. https://www.nature.com/articles/s42003-018-0092-9

  • Articles de blogs/BD/vidéos

Documentaire ARTE : Conquérants, réalisé par Bruno Victor-Pujebet, Nicolas Gabriel, Vincent Amouroux, Jérôme Ségur

Crabe royal (du Kamtchatka), Guide des espèces http://guidedesespeces.org/fr/crabe-royal-du-kamtchatka

Espèces invasives : mode d’emploi, Science de comptoir, 4 octobre 2013

Espèces invasives : mode d’emploi

La tête au carré, L’homme est-il une espèce invasive ? par Jacques Tassin, 9 avril 2014

http://blog.franceinter.fr/tete-au-carre/lhomme-il-espece-invasive-reponse-jacques-tassin/

16 février 2014, par Pierre Barthélémy, Qui a peur des espèces invasives ? entretien avec Jacques Tassin, passeur de sciences blog le Monde

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2014/02/16/qui-a-peur-des-especes-invasives

Vidéo youtube “le frelon asiatique, chronique d’une mort espérée”, documentaire du CNRS ajouté le 21 décembre 2018


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