Loup y-es tu ?


Il était une fois, dans les alpes françaises, trois bergers et leurs troupeaux. Un beau jour de l’année 1993, le loup italien s’installa en France, bouleversant leurs méthodes de travail.

“Le loup” Jean Marc Rochette, Casterman, 2019

Le premier berger ne changea rien et laissa son troupeau paître. A son grand désespoir son troupeau se fit attaquer par la meute. Le second, décida de se défendre et tua le grand prédateur à coup de fusil, puis tira régulièrement des coups de feux pour dissuader les loups environnant. Mais les prédateurs comprirent la ruse et attaquèrent à nouveau. Le troisième berger, choisit de tout mettre en œuvre pour protéger son troupeau en cohabitant avec son nouveau voisin. Il mit en place des stratagèmes de protection, surveilla ses brebis de près et perdit peu de bêtes.

Ce qui pourrait apparaître comme un conte pastoral vient de recevoir l’appui de l’équipe d’étude des espèces menacées du professeur Waltert à l’université de Gottingen (1). Afin  de concilier le pastoralisme et la vie du loup, ils évaluent l’efficacité des différentes techniques de protection en testant l’efficacité de huit mesures sur une trentaine de cas documentés. Ils en concluent que les techniques réduisant significativement le pourcentage de perte sont : le maintien des brebis en enclos, le renforcement de la surveillance et enfin de varier les méthodes d’effarouchement pour éviter que le loup ne s’y habitue. En revanche, le « contrôle létal », en clair l’abattage ponctuel des loups, s’avère, et de loin, la technique la moins efficace. Ces observations viennent confirmer les constatations plus anciennes qui incitent à inventer une nouvelle manière de cohabiter avec les loups (2). A nous de développer les solutions pour que les moutons puissent pâturer dans le bois, que le loup y soit ou pas !

Héloïse DUPRAT, Olivia IZQUIERDO, Louis MOREAU, Laura VERIN

 

  1. Bruns, A., Waltert, M., & Khorozyan, I. (2020). The effectiveness of livestock protection measures against wolves (Canis lupus) and implications for their co-existence with humans, Global Ecology and Conservation. Global Ecology and Conservation. 21(868). doi : 10.1016/j.gecco.2019.e00868
  2. Morizot, B. (2016). Les diplomates, cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant. Marseille : Wildproject Éditions.

Pour aller plus loin sur les questions du Loup en France : 

Meuret, M., & Osty, P.-L. (2017). Éleveurs et territoires pâturés face aux loups : bilan à 25 ans. Revue POUR. 3(231), 117-126. doi : 10.3917/pour.231.0117

Chandelier, M., Mathevet, R., Steuckardt, A., Sarale, J.-M. (2016). Le loup en tribunes : analyse comparée de deux discours argumentatifs sur une espèce controversée.  Natures Sciences Sociétés. 2(24), 136-146. doi : 10.1051/nss/2016020

Braque, P. (1999). Rapport de mission interministérielle sur la cohabitation entre l’élevage et le loup. Ministère de l’agriculture et de la pêche, ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, Paris, France

Bouix, J. (1992). Adaptation des ovins aux conditions de milieu difficiles.  INRA Productions Animales, Paris : INRA, 179-184. hal-00896014

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