Confidences d’une amibe 1


Confidences d'une amibe

Combien de fois nous sommes nous promenés dans une forêt sans jamais nous douter des drames se déroulant juste sous nos pieds. La forêt évoque les plantes, les animaux, les insectes… Mais la liste s’arrête-t-elle là ? Imperceptibles, les micro-organismes sont partout ! Partons à la découverte des bactéries, des nématodes… et des amibes!

Chapitre 1 : Une amibe, c’est quoi ?

Je ne suis ni un animal, ni une plante, ni un champignon mais une amibe ! Nous les amibes, sommes pour la plupart, des organismes microscopiques composés d’une seule cellule. Vous pourriez me confondre avec une bactérie, mais contrairement à elles, mon ADN se trouve dans un noyau… et j’ai un peu plus d’embonpoint !

En réalité , le terme “amibe” qualifie des organismes unicellulaires qui se déplacent grâce à un moyen de locomotion bien particulier : le mouvement amiboïde. Nous produisons des pseudopodes, des “faux pieds” qui servent à nous déplacer mais aussi à nous nourrir.

Mon véritable petit nom c’est Dictyostelium discoideum, j’appartiens au groupe des amibozoaires, qui en grec signifie « animaux changeants » car moi-même et les espèces qui composent cette famille sommes capables de prendre différentes formes. Pourtant, il faut faire attention à cette appellation car comme je vous l’ai dit, je ne suis pas un animal !

Dr. Blob : Je le sais bien, je suis un BLOB, j’appartiens tout comme vous au groupe des amibozoaires.

Didier : C’est vrai que nous sommes cousins ! Cependant, je ne suis pas aussi impressionnant que vous. Vous avez aussi une renommée mondiale, les humains vous accordent beaucoup d’attention ces temps-ci.

Dr. Blob : Ne vous sous-estimez pas, les biologistes adorent vous cultiver dans des boîtes de Pétri, vous êtes capable de choses extraordinaires !

Didier : Certes, mais on vous appelle Blob, vous, et c’est autrement plus chic ! “Amibe” c’est soit inconnu du grand public, soit associé à des maladies. Pas facile d’être apparenté à Entamoeba histolytica qui parasite les humains et entraîne près de 100 000 décès par an.

Dr. Blob : C’est vrai que notre réputation laisse à désirer…

Didier : Je me sens incompris Docteur…

Chapitre 2 : La vie solitaire

Je suis né dans l’humus frais et odorant des forêts. À peine né, je me suis mis à la recherche de nourriture. Au dessus de moi, le feuillage des arbres masquait le soleil. Tant mieux, car comme tous les membres de mon espèce, je déteste la lumière.

Le milieu dans lequel je me développais était loin d’être désert : il y avait énormément de bactéries ! La plupart étaient là pour le bois en décomposition et nous servaient de gibier.

Mais attention ! La vie dans l’humus était loin d’être sans danger. Les nématodes, ces vers ronds d’environ 0,2 millimètre sont pour nous, de terrifiants prédateurs qui nous traquent pour se nourrir. Et l’on doit aussi se méfier de certaines bactéries, comme par exemple Bordetella bronchiseptica, et ne pas les avaler sans discernement : certaines rejettent des molécules toxiques ! Nous pouvons en mourir si nous les ingérons.

J’avais réussi à éviter tous ces pièges mais j’étais sur le point d’affronter une menace encore plus grande : la faim. Un jour, j’ai réalisé que la nourriture devenait de plus en plus rare…

Sans nous en rendre compte, nous avions mangé toutes les bactéries qui peuplaient notre environnement. Il n’y avait plus que des amibes à l’air hagard, errant parmi les débris de ce qui était autrefois notre paradis. Lui qui était auparavant grouillant de nourriture, comment était-il possible que nous l’ayons vidé aussi vite ?

Chapitre 3 : L’appel

Le troisième jour sans nourriture fut le plus difficile. La faim se faisait ressentir partout autour de moi. J’avançais à l’aveugle dans ce milieu déserté par les bactéries…

Quand soudain, je perçus un message lointain, apportant une lueur d’espoir dans ce sinistre tableau…

Ce message ordonnait le ralliement de toutes les Dictyostelium discoideum des alentours. Toutes les amibes qui le recevaient se mettaient en route vers lui. Il s’agissait d’un message chimique : une molécule appelée AMPc (adénosine monophosphate cyclique) qui venait d’être libérée dans le milieu extérieur par une amibe.

En plus de migrer vers cette amibe qui avait envoyé en premier cette molécule, nous nous mettions toutes aussi à produire de l’AMPc ce qui permit par le même procédé, de rameuter encore plus de congénères.

Dr. Blob : Mais enfin, pourquoi ce rassemblement ?

Didier : En cas de famine, nous sommes capables de nous regrouper pour former ce qu’on appelle une “limace”. Attention pas le gastéropode ! Chez nous, la “limace” est un organisme colonial composé de quelques centaines de milliers d’individus, capable de produire des mouvements cohérents et organisés. Même si cette structure prend l’apparence d’un organisme multicellulaire, chacun y préserve son individualité.

Dr. Blob : C’est tout simplement incroyable ce que vous racontez ! Cependant, je ne comprends toujours pas en quoi cet attroupement est utile chez votre espèce en cas de famine…

Didier : Par la suite, la limace ainsi formée migre vers la surface de l’humus, puis se transforme en un sorocarpe : un organe qui sert à la dissémination des spores. Les spores sont projetées au loin depuis cette structure, puis après avoir voyagé un certain temps, donnent naissance à de nouvelles amibes dans un nouveau milieu qui, on l’espère, grouillera de bactéries.

Dr. Blob : Je dois vous avouer que je suis fasciné par cet élan de solidarité. Pourtant, j’aimerais savoir ce que vous avez ressenti durant cette épreuve qui je me doute, a dû être bouleversante.

Didier : Bien que tout cela n’ait duré que quelques minutes, il me semblait que des heures s’étaient écoulées depuis l’émission du signal de ralliement. Mais soudain à l’horizon, grande, majestueuse et translucide, surgit la limace.

Emerveillé par cette vision éblouissante, je dus rassembler mes dernières forces pour parcourir le reste du chemin jusqu’à la limace.

Dr. Blob : Vous qui auparavant n’aviez jamais formé d’organisme colonial, comment avez-vous fait pour former votre structure et rester toutes ensemble soudées ?

Didier : A vrai dire, c’était assez simple à faire, nous étions soudées grâce à des molécules adhésives, des adhésines, que nous produisions à la surface de notre corps. Cela nous permettait de rester collées entre nous et de former la limace.

Chapitre 4 : La colonie

Enfin arrivé dans la limace ! Après tout ce que j’avais traversé durant ma vie solitaire, j’étais heureux de me sentir entouré d’autres Dictyostelium, qui avaient vécu les mêmes épreuves que moi.

J’ai tout de suite remarqué que la limace n’était pas seulement un tas d’amibes collées les unes aux autres, mais un système bien huilé, une société miniature en quelque sorte. Certaines tenaient même un rôle spécifique dans la colonie et participait à son bon fonctionnement.

Par exemple, j’ai pu croiser des amibes agricultrices qui avaient fait des réserves lorsque nous vivions en solitaires bien avant que les bactéries aient commencé à manquer. Elles étaient remplies de bactéries qu’elles avaient pris soin de ne pas digérer, créant ainsi des réserves essentielles aux amibes qui naîtront plus tard.

J’ai aussi rencontré des cellules sentinelles qui protégeaient notre communauté des bactéries pathogènes et des toxines.

Dr. Blob : C’est fascinant ce que vous me racontez. Cela me rappelle des particularités de certains organismes multicellulaires complexes. Vous savez, il existe des animaux et des végétaux qui peuvent attribuer un rôle à chacune de leurs cellules. Ca leur permet notamment de constituer tout un système de défense face aux menaces extérieures.

Didier : c’est vrai qu’avec moi, on peut se demander s’il existe réellement une frontière entre les organismes unicellulaires et multicellulaires. C’est d’ailleurs pour cela, que les scientifiques adorent m’étudier dans leur laboratoire.

Dr. Blob : C’est vrai que les humains sont étonnants ! Ils placent les êtres vivants dans des petites boîtes, pour après se rendre compte que ça n’est pas si simple.

Vous savez, selon les scientifiques, je remets aussi en cause cette idée. J’ai aussi des particularités assez étonnantes : par exemple, je ne suis composée que d’une seule cellule.

Didier : Vous plaisantez ? Sauf votre respect, vous êtes énorme !

Dr. Blob : C’est vrai que je peux atteindre des surfaces de plusieurs mètres carrés ! Pourtant, je suis comme vous, bel et bien constitué d’une seule cellule. L’astuce c’est que je possède de nombreux noyaux, et dans chaque noyau, tout mon patrimoine génétique ! De quoi brouiller encore, les catégories établies par les humains.

Mais nous ne sommes pas là pour parler de moi.

Votre récit est une belle histoire de solidarité et j’ai l’impression que vous vous en êtes assez bien sorti. Cependant, je ne comprends pas bien pourquoi vous êtes venu me voir vu que tout à l’air de bien aller.

Chapitre 5 : Le sorocarpe

Didier : Oui tout avait si bien commencé… Dans la limace nous étions même comme de nouvelles amibes. Nous qui détestions tant la lumière étions désormais attirées vers elle. La limace a ainsi voyagé jusqu’à la surface de l’humus, dans un endroit surélevé, d’où les spores auraient plus de chances d’être disséminées au loin.

Une fois arrivée dans ce lieu bien éclairé, la limace s’est arrêtée. Elle s’est dressée alors majestueusement vers le ciel, telle une fleur translucide en train de pousser.

Mais cette beauté est trompeuse car elle cache en réalité un terrible drame.

Dr Blob : Un drame ? Racontez-moi ce moment.

Didier : Certaines d’entre nous doivent mourir. Et ce sont les amibes les moins nourries pendant leur vie solitaire, les plus maigres, qui devront se sacrifier.

Car la vérité était là, implacable : une partie de la colonie était condamnée à mourir.

Dr Blob : Pouvez-vous m’expliquer pourquoi ?

Didier : C’est essentiel pour former le sorocarpe : il faut amener les spores le plus haut possible pour qu’elles puissent être disséminées le plus loin possible. C’est pourquoi certaines d’entre nous se sacrifient pour former la tige qui maintient la tête où se trouvent les spores.

Cette tige doit donc être la plus solide possible. C’est pourquoi les cellules qui la forment sécrètent de la cellulose, un matériau très résistant. Trop résistant. Les amibes qui en produisent se rigidifient petit à petit provoquant une mort lente mais malheureusement prédestinée.

Dr. Blob : J’entends votre douleur Didier. Racontez-moi ce qui vous est arrivé à ce moment précis.

Je me souviens. La limace était parcourue de secousses. Les amibes destinées à devenir la tige s’empilaient les unes sur les autres. Pour ma part, je me trouvais à l’arrière de la limace avec les autres amibes destinées à devenir des spores, et j’assistais à ce phénomène médusé.

Soudain, une secousse brutale fit tout trembler autour de nous. La tige qui se formait sous nos pieds, nous propulsait dans les airs. Nous étions toutes entraînées dans un mouvement d’une coordination parfaite. Nous avions l’impression de ne faire qu’une.

Je me suis alors élancé sur la structure créée par mes sœurs, escaladant amibe après amibe, jusqu’au sommet. Je crois que c’est là que j’ai vu pour la première et la dernière fois le soleil. Je l’ai regardé tandis qu’il me traversait de part en part, me faisant luire comme une minuscule pierre précieuse.

Dr Blob : Et ensuite ?

Didier : Rien. Le noir complet. J’imagine que c’est à ce moment là que les cellules formant la tige se sont rigidifiées, que nous, les spores nous nous sommes endormies pendant des heures, peut-être des jours. Et que portées par le vent, nous avons voyagé vers la terre sur laquelle nous nous sommes réveillées.

C’est pour ça que je suis venu vous voir Docteur. Je me demande : tous ces sacrifices en valent-ils la peine ? Pourquoi sont-ils morts pour moi ? Qu’ai-je de plus que les autres pour avoir eu le droit de survivre ?

Dr Blob : Je comprends vos inquiétudes, mais il faut d’abord que je vous dise quelque chose : c’est un dilemme juste que vous vous posez. Il est donc normal de se dire « pourquoi moi et pas les autres? ». Vous pouvez toujours continuer à vous poser cette question, mais vous risquez alors de culpabiliser peut-être même toute votre vie. L’autre solution est d’accepter ce dilemme, accepter de vivre avec, mais en continuant d’avancer.

Car quelque part, le sacrifice de vos amis a un sens car ils vous a permis de survivre, vous, et beaucoup de vos soeurs. C’est ainsi que vous perpétuez votre espèce. Et je peux vous dire une chose : vos amis ont donné un sens à votre vie en vous permettant de survivre.

Références bibliographiques :

Article général sur les amibes

Articles généraux sur Dictyostelium discoideum

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Livres

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  • Willey, Joanne M., et al. Microbiologie de Prescott. 2018.

Webographie


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